Portraits

  • Bill Evans
  • John Coltrane
  • Lester Young
  • Miles Davis
  • Charles Mingus
  • Thelonious Monk
  • Portrait sans nom
  • Portrait sans nom
  • Wayne Shorter
  • Billie Holiday
  • Dexter Gordon
  • Duke Elington

Souvent les musiciens parlent au sujet de leurs créations, de couleurs, de formes, voire de parfums... Avec les peintures de Nicolas Crouzevialle, c’est le son, le rythme, le tempo et les odeurs des clubs de jazz qui surgissent. Il nous invite à nous interroger sur l’analogie des sensations visuelles, sonores et olfactives entre les différents arts.

Les grandes figures du jazz sont présentes : Bill Evans, John Coltrane, Miles Davis, Thelonious Monk, Wayne Shorter et bien d’autres, mais c’est surtout du traitement pictural que la musicalité émerge.

L’oeuvre de Nicolas Crouzevialle procède d’une technique qui se situe entre tradition et nouveauté. Tradition, car il utilise de la peinture à l’huile. Nouveauté, car sa technique est le fruit d’une expérimentation qui est une véritable alchimie d’huiles et d’essences dont seul l’artiste connaît le secret.

Cette technique picturale subtile et inédite fonctionne grâce à l’application de plusieurs couches de peintures qui se superposent les unes les autres. L’artiste opère ensuite des glacis et des patines à certains endroits, puis il altère la matière dans le frais avec différentes huiles et essences.

Le résultat est une transparence étonnante car la lumière semble venir directement de l’arrière du tableau pour se difracter dans la matière colorée. Les musiciens sont immergés dans la matière : leurs souffles la poussent, leurs doigts la soulèvent, les instruments la transperce.

La lumière vibre à travers la matière qui semble vivante, encore en pleine dilution.

On est emporté par le son du piano de Bill Evans qui se propage dans l’espace pictural tandis que le saxophone de Coltrane imprime son rythme envoutant et surgit de l’obscurité.

Nul doute que certaines personnes, aux sens aiguisés, entendront le jazz fuser en admirant les peintures de Nicolas Crouzevialle.

[ Véronique Perriol ]